Vivre en Italie: ces habitudes qui sont devenues les miennes

par Aurelie

Habiter en Italie a profondément transformé mon quotidien et il y a plein de petites habitudes que j’ai adoptées sans vraiment m’en rendre compte. C’était le thème d’avril du rendez-vous créé par Lucie, #HistoiresExpatriées, et faute de déménagement je n’y ai pas participé. Cependant le sujet ne me quittait plus et j’ai plus ou moins écrit un article dans ma tête. Alors le voici ! J’espère que cette plongée dans ma vie Italienne de tous les jours sera intéressante et vous apprendra de petits détails qui font la différence au quotidien !

J’ai toujours du liquide sur moi

Je ne compte plus le nombre de situations où j’ai dû chercher un distributeur en urgence pour acheter des magazines, régler deux boissons ou mon déjeuner au bar, payer mon assurance qui n’avait pas de terminal de paiement jusqu’à l’année dernière. Les chèques ne sont utilisés que pour des achats très importants (je n’ai d’ailleurs plus de chéquier depuis 2008). Ici, c’est encore le règne du cash. J’ai réalisé ce changement dans ma mentalité lors d’un weekend de Dindes. De toutes mes copines j’étais la seule à avoir retiré des couronnes suédoises.

Je sais faire la carbonara

Et là je ne peux que vous renvoyer au super article de Floriana et qui a tout mon soutien dans son combat !

Je fais plus attention à mes cheveux qu’avant

C’est grâce à l’une de mes amies coiffeuses que j’ai découvert le concept de « piega fissa » (brushing fixe). Un rendez-vous hebdomadaire chez le coiffeur pour un shampoing+brushing qui n’existe pas trop en France, il me semble. Pour 10 à 20 euros par semaine, beaucoup d’Italiennes ont ainsi toujours le cheveux lisse et brillant. GENIAL.

J’accompagne ma pizza de bière

En France c’était du vin (avec la pizza à 20 euros), mais en Italie la boisson alcoolisée la plus populaire pour dévorer une belle pizza est la bière. Blonde, bien fraîche, à la pression et surtout, grand format : « birra media » . Une Moretti, une Peroni ou une Nastro Azzurro.

Je prends mes vacances en août

En août les grandes villes se vident. Il y a quelques années beaucoup d’entreprises fermaient complètement durant le mois. Désormais on assiste à un peu plus de flexibilité mais août reste tout de même LE mois des vacances en Italie. Les premières années de ma vie à Milan, le magazine gratuit ZERO publiait un guide de survie pour le mois d’août, qui m’avait de prime abord semblé exagéré.

Et puis un été je suis restée et j’ai vécu cette città deserta. Il n’était pas rare d’errer dans les rues complètement vidées d’humains, à la recherche de pain frais, d’un journal ou d’un distributeur de cigarettes encore plein. Au fil des ans cette tendance s’est émoussée, mais Milan au mois d’août garde une vibration très particulière, elle devient mélancolique, le temps s’allonge. On y respire (mal, il fait chaud) mais on s’y sent en vacances, autorisé à se lâcher et se promener en tongs et en short. Lorsque les premiers scooters bruyants reviennent sur l’asphalte, il est temps de reprendre ses habitudes.

Je suis devenue ambassadrice de la nappe et du set de table

Lors de mon dernier passage en France je me suis rendue compte avec étonnement que je suis devenue un peu chochotte de la nappe. Lorsqu’un serveur pose mes couverts à même la table, sans y avoir au préalable placé quelque chose (ce qui se fait partout en Italie, même dans les bars) je ne peux réfréner un frisson… qui ne peut être qu’italien.

Je protège mes amis en visite de leurs mauvaises idées culinaires

Comme celle de demander de la sauce piquante pour les pizza à emporter (ça n’existe pas ;)) ou de mettre du parmesan sur des pâtes au poisson

Je ne m’étonne pas de connaître les petits soucis de santé de mon entourage

Ici pas besoin d’être dans une relation intime pour raconter qu’on ne digère pas le poivron ou que l’ail dans les sauces, c’est pas possible.

J’ai du mal avec les programmes

Ma nature désinvolte a trouvé son pays. Celui des « poi vediamo » (« on voit plus tard ») lorsqu’on se retrouve entre amis. Pas de programme précis, laissons-nous porter par l’énergie, les envies, le mood de chacun.

Je mange mon « primo » (pasta, risotto) uniquement avec ma fourchette

Vous noterez que le serveur ne vous place pas de couteau – ou il l’enlève – lorsque vous avez commandé une pasta.

Je dis bonjour à l’Italienne

Il m’a fallu vivre de nombreuses situations sociales en observant tout le monde incognito pour comprendre comment dire bonjour aux amis et aux collègues. Alors voici le topo (Ne me remerciez pas). Précision : j’habite dans le Nord-Ouest de l’Italie, donc les habitudes pourraient bien se révéler différentes dans d’autres régions.

Entre amis : lorsqu’on rencontre une personne pour la première fois, on lui serre la main. Même entre personnes jeunes, même au bar. YEP. La seconde fois, il faudra lui faire la bise (deux, en partant de la gauche, à Milan). Ce qui peut vous mettre dans des situations quelque peu embarrassantes si comme moi vous n’avez AUCUNE mémoire des visages. Dans ce cas, dans le doute on serre la main ; PENDANT qu’on le fait, on regarde bien dans les yeux la personne en souriant et en lui lançant un petit « mais on ne s’était pas déjà rencontrés » pas trop agressif. Et là, si la personne se souvient, elle rappellera volontiers le contexte sans rancune. Si elle ne se souvient pas non plus, vous conviendrez ensemble en gesticulant que c’est quand même difficile la mémoire des visages. Et hop, personne ne se vexe et on peut commencer à discuter.

Au travail : idem. La première fois que l’on rencontre une personne on lui serre la main. Et ensuite… on ne fait pas la bise le matin. On s’en sort avec un CIAO ou CIAO A TUTTI à la cantonade. PRICELESS.

J’ai toujours des bonnes adresses à dégainer en cas de besoin

Au fil des ans j’ai constitué comme tous les italiens une sorte de réseau d’information tentaculaire et passionné pour savoir où dormir et où manger dans n’importe quel endroit du monde. Voyager et parler de bouffe sont quand même deux des grandes passions des Italiens. Ainsi chacun est un peu un guide du routard en puissance, qui se fera un plaisir de partager ses bons plans – s’il vous aime bien !

Je bois mon caffé au comptoir

Et j’ai mon cappuccino parfait. Pour découvrir les rituels du caffé au bar à Milan c’est ICI.

Je mets trois heures à finir un appel

OK, grazie Ciao. Ciaciao. Ciao. Ciaciaciao. Ciao.

***

L’Italie est un pays sœur, et les petits détails font toute la différence dans mon quotidien parmi ce peuple si attachant. Ces habitudes me font sentir bien ici, je comprends de mieux en mieux les codes. Il y a juste quelques années je n’aurais pas su interpréter aussi bien les regards, les gestes, tous les messages non verbaux de mes interlocuteurs. Maintenant je sais clairement quand une personne est juste polie, lorsqu’elle est sincère, je sais qu’on n’est pas obligé d’accepter tous les cafés qu’on nous propose.
Alors la prochaine fois que vous venez en Italie, pourquoi ne pas tenter d’adopter ces petites habitudes ? Qui sait, elles pourraient transformer votre expérience du voyage. Ciao. Ciaciaciao.

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Bienvenue sur Kinoette, un blog inspiré par la nature. Je suis Aurélie, et j'écris ces billets depuis la table de ma cuisine dans le Piémont.

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