Cultiver son jardin: ce que le jardinage apporte à ma créativité

par Aurelie

Existe-t-il un rapport entre plantes et créativité? C’est dans un moment de grande crise aux accents de tragédie grecque que cette question s’est présentée à moi. Dans deux semaines nous quittons notre appartement et ses larges balcons toujours pleins de pots et de bric à brac.

Me voici jardinière nomade. Si ce qualificatif me plaît assez, il implique que mes habitudes vont être quelque peu bouleversées. Cela m’a un peu inquiétée. Aussi le manque imminent de balcon a déchaîné en moi une intense réflexion sur le rôle que le jardinage, ou plutôt les plantes, tiennent dans mon quotidien.

Je me suis ainsi essayée à lister les qualités auxquelles je fais appel lors de mes aventures botaniques, et qui nourrissent certainement ma créativité en général.

Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans certaines d’entre elles !

L’observation

Entraîner son regard à voir les choses comme elles sont et non comme on voudrait qu’elles soient. Un exercice intéressant, pas toujours facile. Cela aide à créer de nouvelles connexions et à chercher des solutions originales ou créatives pour s’occuper des plantes quand on n’a pas des millions à disposition.

La patience et la ténacité

Une grossesse durera toujours neuf mois et le basilic se sèmera toujours au printemps. C’est à la fois rassurant et frustrant. Dans les limites offertes par la nature, je cultive la patience et je cherche des solutions créatives face aux difficultés rencontrées. Je me plais à penser que cet exercice garde mon esprit jeune 😉

La curiosité

Ma curiosité se réveille lorsque je croise une plante que je ne connais pas. Je me demande ensuite si celle-ci se mange, si elle est toxique,  si on peut en faire des tisanes… C’est elle qui me pousse à aller chercher de l’ail des ours dans la forêt près du travail. Ou me glisse l’idée de bouturer cette tige récupérée dans un bouquet. De faire un kokedama. D’essayer de jeter un noyau au lieu de le faire pousser, pour une fois (impossible ndlr). Qui me réveille la nuit pour dessiner un plan de serre de balcon. Ou me fait tout lire sur le compost.

Je ne m’en lasse pas, l’abondance du monde végétal est une source inépuisable d’émerveillement et de découvertes. Et plus je découvre, plus les idées abondent. J’ai trouvé le medium à travers lequel cultiver mon muscle créatif.

Le moment présent

Il y a des moments où je laisse libre cours à ma curiosité et d’autres où les travaux pas toujours agréables du balcon ramènent les pensées au moment présent. Lorsqu’on observe les premiers signes de maladie d’une plante, ou qu’on lave et brosse les pots, il faut se concentrer. Les mains dans la terre, les écrans sont loin. J’appelle cela la méditation du pois chiche. Ce moment de paix dans mon esprit souvent encombré est je crois, important pour reposer mon âme et laisser éclore ensuite de nouvelles idées.

L’action

En grande inquiète, mes pensées vont toujours à cent à l’heure et je passe beaucoup de temps à peser mes options, me documenter, lire le plus d’information possible sur un sujet avant de me décider. Parfois, ces pensées sont tellement nombreuses et désordonnées qu’elles paralysent mon processus de décision. Avec les plantes, à un moment, il faut y aller. Couper la tête d’un avocat qui se dégarnit à la base, traiter un plan de basilic mal en point, décider que non, ce pied de passiflore ne se reprendra pas et le déraciner…

Grâce à ma pratique du jardinage j’apprends à ne pas trop me prendre la tête. Et cette invitation à agir dans le monde se retrouve dans d’autres aspects de ma vie. Par exemple, lorsque j’hésite à donner un premier trait de crayon sur un carnet tout neuf, à passer un coup de fil, à tendre la main vers l’autre. Dans l’action, dans la vie turbulente et pas toujours confortable, j’ouvre la porte à la créativité qui a besoin d’énergie pour grandir.

L’audace

Levez la main s’il ne vous est jamais arrivé de croiser une plante dont vous recherchiez une bouture ou des branches depuis longtemps? Dans ces cas-là, je fais fi de ma timidité et je fais tout pour récupérer une partie de la plante en question. En passant régulièrement devant un bel eucalyptus près de chez moi j’ai fini par demander au propriétaire de m’appeler lorsqu’il ferait tailler les branches. Cela semble tout bête mais grâce à ces moments où je dépasse mes limites intérieures, je prends confiance et m’ouvre un peu aux autres.

Il y a presque un an, en traversant un bois sous la pluie battante, sur un coup de tête je me suis garée pour cueillir des fougères. Une idée pour l’image de profil pour Kinoette venait de me traverser l’esprit ! Mes ballerines ne s’en sont pas remises et ma voisine m’a sans doute prise pour une originale. Et désormais je roule toujours avec une vieille paire de basket dans le coffre, histoire d’être prête au cas où une aventure botanique devait se présenter à moi au débotté.

L’ouverture aux autres et le courage d’être soi

Ce blog en témoigne. Autour de moi peu d’amis aiment le jardinage. De nature secrète et rêveuse, c’est à travers ce blog que j’ai osé partager des photos de mes plantes et des mots plus personnels, les succès, les leçons tirées de mes échecs. Je suis heureuse de vous avoir trouvés, mes lecteurs curieux de la Nature au sens large. Ici j’ai la sensation que je peux tout partager parce que tout est vrai, et ces échanges nourrissent ma créativité.

Pour moi la créativité, c’est voir le monde comme un champ des possibles. Participer à y faire exister de nouvelles choses qui avant, n’existaient pas, en les partageant avec les autres. Chez moi les idées volent de toutes part, et je manque souvent de ténacité ou de patience pour les réaliser. Grâce au temps passé avec les plantes, je nourris les qualités nécessaires pour transformer mes idées en projets. Et ici, c’est le lieu où je les partage avec vous. Ma maison, my happy place.

***

Vous reconnaissez-vous dans ces réflexions?

Et vous, quel est votre Jardin, qu’est-ce qui nourrit votre créativité?

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Un petit mot?

4 commentaires

Grisélidis 9 mai 2018 - 7:36

J’ai raté ce billet ! Honte sur moi. Je me rattrape ce soir et passe déposer ce petit commentaire.
Le jardinage, c’est vraiment un appel à la créativité, je confirme. Je suis sans cesse en train de me surprendre à tenter des expériences comme une enfant en bouturant et autres essais en tout genre avec les plantes. Détournements d’objets etc… Alors que pour tout un tas d’autres activité, je demeure sans créativité aucune !
Et oui, quand on se laisse aller à jardiner, à entretenir ses plantes, à les observer… On finit tôt ou tard par réaliser combien elles nous font du bien. Une sorte de thérapie.

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Aurelie 10 mai 2018 - 1:26

Coucou miss GG, ça me fait plaisir de te lire, et que ces mots te parlent ! C’est quand même fou comme on retrouve son âme d’enfant et sa curiosité avec les plantes, ça te fait ça aussi alors  C’est vraiment une grande bouffée d’oxygène dans ce monde digital et parfois déconnecté de la nature, sans compter les effets relaxants comme tu le soulignes. Moi je n’ai pas de chat alors je mise tout sur les cactus hihi

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Hélène - Good Life 101 3 mai 2018 - 1:27

Je me reconnais dans plusiueurs de tes réflexions, copine ! Le jardinage a un bel effet méditatif sur moi, ca me canalise 🙂 et je me vois parfois garer ma voiture en vrac afin de prendre en photo une plante que je ne veux surtout pas rater mdr

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Aurelie 3 mai 2018 - 9:54

Ahahah je te vois d’ici en photographe botanique! C’est ce que j’adore avec les plantes, on se transforme vite en Darwin des boutures 🙂 Bisous coupine!

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les mains dans la terre, la tête dans les étoiles
Bienvenue sur Kinoette, un blog inspiré par la nature. Je suis Aurélie, et j'écris ces billets depuis la table de ma cuisine dans le Piémont.

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