DIY // Bouquets de plantes locales ou smudge sticks

par Aurelie

Depuis que je cultive des herbes aromatiques et que j’apprends à reconnaître les plantes sauvages, je m’intéresse toujours plus à leur utilisation dans la vie quotidienne.

La variété inouïe des espèces à disposition sous forme de graines, plantes, huiles essentielles ou tisanes, offre un éventail infini d’utilisations pour la cuisine, la maison ou le bien-être. Cette abondance, je la trouve merveilleuse. C’est une promesse de découvertes, d’expérimentations et de trouvailles pour (ré)introduire dans notre quotidien la nature et ses bienfaits en toute simplicité.

Ces derniers temps j’ai commencé à rechercher des idées pour préserver mes herbes aromatiques. Aux bouquets qui sèchent dans la cuisine, j’ai voulu rajouter quelques bâtons de fumigation ou smudge sticks. Cela faisait un moment qu’ils me faisaient de l’oeil sur internet, et cela a été l’occasion pour en apprendre plus sur la pratique de la fumigation et sur les propriétés des plantes à utiliser.

Ainsi je viens aujourd’hui partager avec vous le résultat de mes recherches et vous proposer également un DIY pour réaliser chez vous des smudge sticks avec du matériel local. Je trouve le résultat très beau, utile, personnel et créatif. J’espère que cela vous inspirera, alors que commence la belle saison !

 

Bâtons de fumigation: qu’est-ce que c’est?

Ce sont de petits bouquets séchés de plantes et herbes résineuses ou aromatiques maintenues bien serrées par un lien, que l’on fait lentement brûler afin de purifier l’air. On les appelle aussi bouquets de fumigation, bâtons de plantes, smudge sticks ou sage sticks.

Ces bouquets sont nés pour accompagner les rituels de purification que l’on retrouvent dans de nombreuses cultures de part le monde, chacun utilisant pour les cérémonies les plantes et herbes à disposition dans la nature. La sauge et le lichen du chêne chez les druides, le Palo Santo dans la forêt Amazonienne, la sauge blanche chez les Natifs américains – d’où le nom « sage stick » que l’on retrouve souvent.

Si à l’origine, les bâtons de fumigation étaient brûlés dans le cadre de cérémonies sacrées, aujourd’hui l’aspect spirituel est souvent laissé de côté et on les utilise plus prosaïquement pour assainir l’air de la maison. La fumée des plantes purifierait et « absorberait » les impuretés de l’air tout en parfumant l’intérieur.

Smudge stick: choisir les plantes

Lorsque j’ai décidé de faire des smudge sticks je me suis dit « facile, je prends quelques brins de sauge du balcon et c’est parti ». Seulement voilà : les fameux bâtons de sauge des Nord-Américains, en fait, sont composés de sauge blanche (Salvia apiana) et non de sauge commune (Salvia officinalis). Poussée par la curiosité face à une plante inconnue, mon premier réflexe a été de me demander où me procurer de la sauge blanche. Puis la raison a repris le dessus : pourquoi utiliser une herbe si lointaine ? Les druides celtiques ne bénéficiaient pas de la livraison en 24h et cependant ils utilisaient eux aussi les herbes dans leurs rituels, donc…

J’ai cherché des alternatives locales. Cette démarche correspond beaucoup plus aux principes de consommation raisonnée que j’essaie d’appliquer dans mon quotidien. En outre, cette recherche m’a poussée à me documenter, et à acquérir de nouvelles connaissances sur la flore locale que je pourrai mettre à profit lors de balades ou de futurs projets.

J’ai encore beaucoup à apprendre, et il m’a fallu un bon moment pour écrire cet article, mais je suis heureuse de le partager avec vous car il est porteur d’un message que j’ai à coeur de véhiculer. Parfois il peut être tentant de se faire plaisir en deux clicks (une sensation d’urgence, de résoudre un problème, combler un besoin). Cependant, prendre le temps d’apprendre, de rechercher et de créer par soi-même me laisse toujours dans le coeur une sensation de bien-être durable.

Herbes à brûler communément utilisées.

DIY plantes fumigation

J’ai glané sur différents sites de botanique quelques informations sur les plantes résineuses ou ligneuses locales (du balcon, mais aussi spontanées ou sauvages) que l’on peut sécher et brûler. Les plus répandues sont:

  • Cyprès (Thuja) – quelques branches des haies du voisin lorsqu’il la taille et hop
  • Avoine Odorante (Hierochloe odorata) – celle de la Vodka 😉
  • Armoise Commune (Artemisia vulgaris)
  • Genièvre (Juniperus communis)

Mais aussi, selon les régions, les saisons, etc :

  • Thym (Thymus vulgaris)
  • Romarin (Rosmarinus officinalis)
  • Lavande (Lavandula),
  • Menthe (Mentha)
  • Achillée Millefeuille (Achillea millefolium)
  • Mélisse (Melissa officinalis)
  • Hysope (Hyssopus officinalis)

Attention : lors de mes recherche j’ai noté à plusieurs reprises qu’il est déconseillé de brûler la Sauge commune (notre sauge du balcon). La fumée acre qui s’en dégage peut déclencher de violentes réactions allergiques et des difficultés à respirer. En règle générale avec les plantes, il est conseillé de faire des tests en faisant brûler une petite quantité des herbes que l’on compte utiliser. De plus, il est bon de ne pas respirer directement la fumée qui se dégage du smudge stick. Les plantes sont puissantes, elles sont à manipuler avec précaution !

Cueillir les plantes

Lorsque vous vous décidez, il suffit d’aller récolter quelques branches des plantes à disposition – dans la nature, sur un chantier, un bord de parking ou sur le balcon. Le meilleur moment pour la cueillette est tard dans la matinée : la rosée et l’humidité du matin ont évaporé, la chaleur de la journée concentre les arômes dans les feuilles. Mais comme on a tous une vie bien remplie, pour moi le meilleur moment, c’est quand il se présente.

Ainsi j’ai laissé passer une journée entre la cueillette et la réalisation des bouquets, afin que les herbes, maintenues tête en bas dans la cuisine, perdent un peu d’humidité avant d’être serrées en bouquet. Trop d’humidité risque de faire pourrir le bouquet. Dans le doute mieux vaut faire sécher légèrement les herbes, cela n’affectera pas les propriétés du smudge stick. Il est d’ailleurs tout à fait possible de confectionner des bouquets d’herbes complètement séchées – même si dans ce cas, il est un peu plus difficile de serrer les brins sans briser les feuilles ce qui n’est pas très pratique.

Autour de chez moi j’ai trouvé de l’armoise, de la lavande, du romarin et j’ai récupéré quelques branches séchées de verveine citronnelle.

DIY : smudge sticks de plantes locales

Choisir son matériel

Nul besoin de matériel spécifique pour fabriquer ses propres bâtons de fumigation. Il vous faut juste des plantes, du fil et un peu de patience.

Une remarque sur le fil à utiliser:

Pour maintenir ensemble les brins de plantes on utilise un fil. Vu que l’ensemble sera ensuite brûlé, j’ai choisi d’utiliser un fil en fibres naturelles (fil à broder en coton). J’ai également divisé les fils en deux afin de limiter encore plus la quantité de coton dans le smudge stick.

Le pas à pas

Préparer ses bouquets. J’en ai fait de deux types, en utilisant du fil rouge pour les reconnaître

Couper les morceaux de fil à border (les miens mesuraient aux alentours de 40 cm) et diviser les brins (pourquoi? Voir plus haut)

Lier les branches à la base avec un noeud, en utilisant le début du fil

Commencer à lier le fil autour des branches, en serrant bien. En séchant les végétaux perdront de leur « masse donc ne pas hésiter à bien serrer.

Une fois arrivé au bout, continuer dans le sens contraire, vers la base, puis nouer les brins de fil.

Couper le végétal qui dépasse de l’extrémité du bâton – ou non!

Laisser sécher la tête en bas pendant une à deux semaines

Il ne vous reste qu’à attendre le bon moment pour allumer votre smudge stick. Nouvelle lune, pleine lune, déménagement, visite de personnes un peu négatives chez vous… Ou tout simplement une soirée hamburger qui a parfumé votre intérieur d’une bonne odeur de calories 🙂

Si vous ne souhaitez pas faire brûler tout votre bâton et que vous souhaitez le conserver pour plus tard, je vous conseille de l’éteindre comme une cigarette, sur une surface plane ou à l’aide de sable, sans utiliser d’eau (la pourriture tout ça tout ça).

PS: le smudge stick fait aussi un très joli petit cadeau maison, ou peut être utilisé en décoration de paquet, si vous êtes inspirés !

Envie de découvrir d’autres aventures botaniques liées aux plantes sauvages? Pourquoi ne pas vous lancer dans la création d’un presse-fleurs de poche, ou dans la récolte de salades sauvages ?

***

Je me suis bien amusée à préparer un mini-studio près de la fenètre de la chambre pour faire les photos. J‘espère que ce DIY simple et local vous aura plus ! Encore une fois, c’est vraiment ce que je préfère, des tutos qui ne demandent pas grand chose, un brin de curiosité, une touche de temps… Et faire confiance à sa céativité <3

Alors, cela vous dit de jouer à la sorcière vous aussi?

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Un petit mot?

19 commentaires

Rafiaoupas 23 mai 2020 - 8:06

Super tuto merci, les photos sont magnifiques ??? je me questionne sur l’usage du rafia comme fil et de l’helycrise dans le baton

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Vicca 5 avril 2020 - 10:59

Encore moi.. Dis, est-ce que avec des branches de sapin ça peut le faire? Merciiiii!

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Aurelie 9 avril 2020 - 1:43

Hello! Oui le sapin est très balsamique, comme les autres conifères, le genévrier etc, donc cela devrait bien marcher. Tu me diras? Merci 🙂

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Vicca 5 avril 2020 - 10:56

GENIAL!! Merci beaucoup, ce tuto est parfait! simple, rapide et efficace! 🙂

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Kaya 1 avril 2020 - 4:45

Bonjour, j adore votre blog, c est intelligemment conçu avec beaucoup de recherche personnel, vraiment j en suis fan. Aussi je voulais vous demandé si vous avez des compositions de sticks que vous aimez. Avec des odeurs différentes.

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Aurelie 3 avril 2020 - 2:39

Bonjour Kaya, bienvenue chez moi et merci de tout cœur pour votre commentaire qui me touche beaucoup!
J’avoue que je ne fais pas énormément de compositions différentes pour les sticks car je me contente de ce que je trouve autour de chez moi, mais cette réflexion est une excellente idée d’article que je vais tenter de créer dans les prochaines semaines, ça me motive. J’espère vous revoir par ici alors! À bientôt

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grenouille 5 février 2020 - 1:04

Intéressant.
On aurait aimé voir quelques photos et avis sur la mise en pratique.

Perso, il se trouve que la seule fois où j’ai vu brûler des herbes, c’était il y a des années dans un café, un barman qui brulait de la sauge (officinale, bien de chez nous) et j’avais adoré l’odeur et foncé ensuite m’acheter de la sauge.
Donc il y a des gens qui n’y sont pas allergiques.

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Aurelie 3 avril 2020 - 2:36

Bonjour Grenouille, et merci de ton commentaire!
Moi aussi j’adore l’odeur forte de la sauge officinale brûlée 🙂 Mais oui bien entendu nous n’y sommes pas tous allergiques – et heureusement – mais j’avoue avoir toujours un peu d’appréhension lorsque je partage sur les plantes car elles sont pleines de principes actifs et ne conviennent pas à toutes les situations – allergies, grossesse etc. C’est pour ça que je suis toujours très prudente en incitant les personnes à faire de petits tests avant de se lancer.
Pour la mise en pratique c’est assez simple en fait, je brûle la partie de la pointe en tenant en dessous une coupelle assez large ou une assiette, en tenant le stick à la main. J’espère avoir répondu à ton commentaire et au plaisir de te retrouver ici!

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Lucile 30 juillet 2019 - 6:03

Votre article est bien, il donne envie de se lancer dans la création de ces sticks.
Merci. Lucile

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Aurelie 10 août 2019 - 2:21

Merci beaucoup Lucile, lancez-vous c’est facile et très relaxant!

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aciaemajalis 17 janvier 2019 - 10:03

J’adore ! Merci pour cet article, quel blog merveilleux, je suis contente de l’avoir découvert ! 🙂

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Aurelie 17 janvier 2019 - 11:41

Merci Marine je suis contente que tu sois arrivée ici! J’ai pu ainsi découvrir ton blog plein d’inspirations et de beautés végétales. Hate de découvrir tes prochains articles. A bientot, Aurélie

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Sandri 21 juin 2020 - 8:41

Merci Aurélie, je me suis lancé dans la femme sacrée, ton stick est une Belle découverte

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Dame Oiselle de papier 25 juin 2018 - 7:21

Super ! Ça donne tellement envie ! Et ça doit sentir si bon *.* Merci pour toute cette créativité.

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Aurelie 25 juin 2018 - 1:37

Coucou Noémie, mais oui ça sent divinement bon et en plus pour toi qui collectionne les fils à broder, meme pas besoin d’aller acheter les liens 🙂 Un petit DIY à garder sous le coude s’il te reste des chutes! Merci à toi d’etre passée et d’etre toujours si positive, ça fait du bien d’avoir un espace qui encourage la créativité et la gentillesse 🙂

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codrap 23 juin 2018 - 5:41

j’en avais entendu parler, tu m’as donné envie d’essayer,
es ce que je peux prendre du romarin d’ornement, du laurier,
merci,
à très vite, Corinne (codrap)

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Aurelie 25 juin 2018 - 11:34

Hello Corinne, alors je t’avais écrit un roman et internet me l’a mangé. Je reprends.
Laurier: OK si c’est ton laurier de cuisine (attention le laurier rose au contraire, est très toxique).
Romarin: j’ai utilisé mon romarin de cuisine, je suppose que c’est ce que tu appelles romarin d’ornement? C’est le plus courant, en port droit ou port retombant 🙂
Tu peux aussi utiliser des aiguilles de pin maritime si tu en as près de chez toi.
J’espère avoir écarté tes doutes et que cela t’aura donné envie de jouer avec les plantes toi aussi. Tu me diras? A très bientot! Aurélie

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Nadège 4 juin 2018 - 7:20

Très belle idée 🙂

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Aurelie 7 juin 2018 - 8:28

Merci Nadège, je me suis bien amusée et ça sent surtout très bon 🙂

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les mains dans la terre, la tête dans les étoiles
Bienvenue sur Kinoette, un blog inspiré par la nature. Je suis Aurélie, et j'écris ces billets depuis la table de ma cuisine dans le Piémont.

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