Dans notre jardin il y aurait…

par Aurelie

L’année dernière nous avons vendu notre appartement sans avoir encore trouvé notre future maison ni notre nouveau jardin. Ainsi nous nous sommes installés provisoirement dans la ferme familiale de mon compagnon. Une étape entre-deux, qui a bousculé un peu mes habitudes et m’a invitée à chercher le côté positif de cette période un peu nomade. Période qui marquait aussi le début de la vraie vie à la campagne.

Ici il y a un grand jardin et un potager, mais ce ne sont pas les miens. L’année dernière à contrecœur j’ai évité de faire des semis avant notre déménagement, histoire de ne pas compliquer l’affaire. Cela m’a beaucoup manqué. J’étais une jardinière sans jardin.

Au printemps dernier j’en étais là de mes ruminations botaniques lorsque j’ai lu cet article sur Strawberries qui a complètement changé mon état d’esprit. Car en fait, quand rien n’est certain, tout est possible. Et ainsi je me suis mise à imaginer notre jardin idéal.

Depuis quelques jours notre situation a changé mais je ne pouvais me résoudre à abandonner ce texte. Il porte en lui beaucoup de mes rêves un peu flous, parfois un peu trop grands, mais que voulez-vous j’aime rêver et cela ne me coûte rien.

Notre jardin imaginaire pourrait avoir bien des visages

Il pourrait être un mix Californie/Provence avec ses pierres lumineuses, ses plantes bleutées et ses étages de cactus. Les rares fleurs seraient blanches. Il y aurait des rideaux de lin à la pergola et du bois clair teinté des couleurs pastels, de la région natale de mon père.

Il pourrait être aussi un minuscule espace ombragé et humide, où me consacrerais sans compter à mon amour des jardins japonais. Erable, buis, fougères, mousse et hellébores. On y respirerait le parfum de la forêt. La pierre serait une invitation aux caresses. En arrivant on pousserait le portail en se sentant finalement chez nous.

Enfin il pourrait être un jardin médiéval aux carrés bien agencés. Mon jardin de sorcière où je cultiverais simples, plantes magiques et potager. Sans oublier un carré pour les plantes tinctoriales. Les allées seraient de gravier clair et les bordures en plessis de noisetier.

Dans notre jardin s’il ne devait trôner qu’un arbre, ce serait un pin parasol. Si j’avais encore un peu de place j’y ajouterais un olivier et encore un magnolia.

Dans notre jardin il y a…

Une haie de troènes et de camélias. Une glycine bien trop vigoureuse qui menace l’abri de jardin. En son centre, un peu trop près de l’allée, trône un chêne liège aux longues feuilles argentées. La pelouse abandonnée est devenue la cour de récréation des taupes.

Il m’intimide un peu, moi qui n’ai régné jusqu’alors que sur de petits balcons.
Il ne m’a pas encore révélé ses secrets. Je voudrais déjà le connaitre, que nous soyions de vieux amis. Mais il nous faudra du temps, toute une vie peut-être, pour grandir ensemble. Parfois mon coeur se gonfle de joie et de peur lorsque je pense à toutes les aventures qui nous attendent.
Cette terre si différente de tout ce que j’avais imaginé, ce jardin en devenir, est à nous.

Notre arrière grand-mère Maria Antonietta avait choisi la France pour planter ses racines et des arbres. Et moi j’ai désormais un morceau de terre en Italie.

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Un petit mot?

6 commentaires

Louise Grenadine 13 mars 2019 - 11:30

Je comprends l’intimidation que tu dois ressentir face à tant de possibilités, et puis de place, parce que c’est vrai qu’un jardin, c’est bien plus vaste qu’un balcon.
Mais je suis certaine que tu vas aussi beaucoup t’amuser en faisant des essais, des choix, des changements… au fil du temps ! 🙂

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Aurelie 18 mars 2019 - 10:06

Merci Louise, oui tu as bien saisi, c’est intimidant et excitant à la fois, ce qu’on ressent en sortant de sa zone de confort je m’en rends compte en t’écrivant 🙂 A suivre!!!

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Nadège 8 mars 2019 - 3:53

Magnifique ! On peut littéralement dire que ce jardin t’ouvre le champ des possibles… 😉

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Aurelie 11 mars 2019 - 9:57

Merci Nadège, oui je suis follement heureuse et intimidée! Nous avons désormais un petit morceau de notre belle Terre et j’espère que nous vivrons bien ensemble. Qui sait si je réussirai à y faire un jardin de mousse 🙂

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Sophie 8 mars 2019 - 10:23

Quel beau texte…
Les jardins sauvages ou abandonnés sont une invitation au rêve.
Observer un jardin pour le comprendre est aussi quelque chose que j’ai appris à faire. Ne pas se précipiter, imaginer les possibles, apprivoiser cet espace qui a sa vie propre…

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Aurelie 11 mars 2019 - 9:53

Merci Sophie… C’est tellement difficile de ne pas se précipiter, j’ai perdu l’habitude de juste observer sans prétendre ni exiger. Je fais confiance à ce jardin, et je me fais confiance, pour réapprendre à n’être que l’un des éléments du tout.

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les mains dans la terre, la tête dans les étoiles
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